Mon expérience pour “faire connaître l’Institut”

12/4/2015

De nos jours, la ligne est bien mince entre le besoin de faire connaître l’Institut et la nécessité de respecter la discrétion en ce qui concerne notre statut d’Oblates missionnaires de Marie Immaculée. L’apostolat de plusieurs de nos membres a été, et est, plus efficacement réalisé en préservant l’anonymat quant au statut d’OMMI. Pour d’autres, l’apostolat se trouve renforcé en faisant connaître leur connexion avec les OMMI. L’exode contemporain de la vie religieuse dans le monde occidental m’apparaît être la révélation d’un besoin réel de faire connaître notre institut dans tous les cas où cela ne nuit pas au besoin personnel d’anonymat envers le statut d’OMMI. Sans doute existe-t-il des personnes qui recherchent une façon de consacrer leur vie et ne savent pas que nous existons. J’étais une de ces personnes.

J’ai seulement découvert les OMMI lorsque j’étais en France à l’occasion d’un séminaire international au cours duquel on m’avait attribué un directeur spirituel. Ce dernier m’a parlé de la présence d’instituts séculiers aux États-Unis. À mon retour au pays, je ne connaissais aucun endroit ni personne, incluant les prêtres, pour me renseigner sur les instituts séculiers. C’est en furetant sur Internet que j’ai trouvé les OMMI, et c’est de cette façon que je suis entrée en contact avec Bea Caron. Cela a été ma belle et grande chance.

Aujourd’hui, en tant que nouvelle OMMI ayant fraîchement prononcé ses vœux, je me sens privilégiée de partager avec vous ma récente expérience pour faire connaître l’Institut. Ma toute première action avait été de prier. Je suis profondément liée au texte de la vigne et des sarments de l’Évangile selon Saint Jean, 15. Je sais très bien que les fruits ne peuvent venir que de Notre Seigneur et que sans lui, “Je ne peux rien faire.”

Après avoir prié, j’ai commencé par prendre rendez-vous avec le curé de ma paroisse. Je lui avais préparé un résumé bref et concis, sur les instituts séculiers. Il m’a ensuite permis de rédiger un texte pour notre bulletin paroissial hebdomadaire.

Mon petit texte a paru dans le bulletin et je n’aurais jamais pu prévoir ce qui allait suivre. Une semaine après, j’étais assise à ma place préférée dans l’église, avant la messe. Trois personnes dans le banc devant moi discutaient de mon article. Une d’entre elles a dit :

« J’aimerais demander à la personne qui a écrit cet article de faire une présentation au Cardinal Gibbons Literary Club, mais je ne la connais pas. » Les deux autres personnes lui ont répondu : « Elle est assise juste derrière toi. »

C’est ainsi que j’ai été invitée à être conférencière devant ce Club vénérable, qui se rencontre tous les mois depuis sa fondation en 1911. Je suis terrifiée (le mot est faible) de parler en public. Mais pour l’amour de Notre Seigneur et par sa grâce, je l’ai fait. Je l’ai fait aussi parce qu’un prêtre m’a dit un jour, sérieusement et sévèrement, que je n’avais pas reçu la foi dans le but de la garder pour moi, mais bien de la partager.

J’ai travaillé fort à la préparation de mon exposé. J’ai fait toute une avancée lorsque j’ai découvert dans le Guide de vocation Vision 2015, une affiche toute en couleurs ornée d’illustrations et d’un texte retraçant l’histoire de la vie consacrée de l’église primitive jusqu’à nos jours. Au début du texte, on mentionne une forme primitive de vie consacrée semblable à celle des instituts séculiers :

“50-65 J.C. Des lettres de saint Paul font allusion à des regroupements distincts dans l’église des premiers temps, y compris des groupes de femmes célibataires vouées à la prière et à la charité.”

La carte présente l’évolution de la vie consacrée à travers l’histoire et mentionne vers la fin :

“1947 Le Pape Pie XII encourage la formation d’instituts séculiers, une forme distincte de la vie consacrée. Ces groupes de prêtres et de laïcs se vouent à une vie de pauvreté, d’obéissance, et de chasteté, sans vivre en communauté et sans l’habillement distinctif.”

J’étais aux anges d’avoir découvert cette affiche. Je l'ai fait imprimer en grand format et elle m’a permis de présenter aux membres du Club comment les instituts séculiers sont partie intégrante de la vie consacrée depuis le tout début de l’église. Un article, traduction de cette affiche, est disponible en français (Reproduction autorisée par VocationNetwork.org:télécharger en cliquant ici). http://www.vocationnetwork.org/articles/show/461-la-vie-consacree-a-travers-les-ages

Au cours de ma présentation, j’ai partagé mon cheminement vers la vie consacrée, à la suite du décès de mon mari à un moment où mes enfants étaient déjà adultes et avaient fondé un foyer. Il s’agissait pour moi d’une grande période de réévaluation de ma vie, une de ces périodes que plusieurs gens vivent au cours de leur existence et qui nous présente divers chemins pouvant être empruntés à partir de ce point. Les questions se posent : « Qu’est-ce que j’ai à offrir? À quoi Dieu m’appelle-t-il? Comment le savoir? Comment donner suite? Seigneur, je suis toute à toi. Montre-moi le chemin. »

En résumé, voici ce que mon petit effort pour faire connaître l’Institut a donné :

  • Mon curé est dorénavant mieux informé de l’existence des instituts séculiers, pour le cas où quelqu’un de la paroisse vienne lui demander conseil en vue d’un engagement dans la vie consacrée;
  • Ceux et celles qui ont lu le bulletin paroissial connaissent maintenant l’existence de cette forme de vie consacrée;
  • Le partage de ma démarche personnelle vers un engagement au sein de l’Institut séculier Les Oblates missionnaires de Marie Immaculée a ouvert les membres du Club Gibbons à une forme de vie consacrée dont elles ignoraient l’existence. Un jour, cette connaissance resurgira au bon moment quand une ou l’autre réévaluera ses choix de vie.
  • Des semences ont été plantées.

Élisabeth R.