Bénévolement parmi les pauvres

5/5/2017

Une de nos membres est bénévole au Centre d’organisation mauricien de services et d’éducation populaire (Comsep). Cet organisme est né de la détermination de douze jeunes femmes rassemblées  le 16 novembre 1986 par un soir de pleine lune. Il est l’un des 94 organismes membres de la corporation de développement communautaire de Trois-Rivières; un des 8 000 organismes de ce type au Québec. Chacun de ces groupes a une histoire  fascinante. Voici celle de Comsep, présentée par Pauline Charest, animatrice bénévole d’ateliers d’alphabétisation et de mathématiques depuis dix-neuf ans.

Comme une graine de moutarde (Lc, 13, 18-19)… 

Comsep se démarque par une approche d’éducation populaire et par une analyse sociale conduisant à l’action. Il a souligné ses 30 ans par une fête (reportage TVA).  Le 9 mars 2017, il présentait un spectacle de théâtre, de chant choral et de numéros fantaisistes à la maison de la culture. Parmi les membres de Comsep participant à cette création collective, Pauline Charest a proclamé un poème de son cru, composé pour l’occasion…

À quoi est comparable le Royaume de dieu?  Il en va du Royaume comme d’une graine de moutarde (une très petite semence) qu’un homme plante dans son jardin.  Elle grandit et devient un arbre et les oiseaux viennent faire leur nids dans ses branches. (Luc 13, 18-19).

Novembre mil-neuf-cent-quatre-vingt-six, un petit groupe de personnes, tout juste douze, concocte une recette pour améliorer les conditions de vie des démunis du quartier.

L’instruction des personnes joue un rôle essentiel dans l’entretien de la pauvreté.

Ces FONDATRICES dénichent une humble maison et y invitent  des personnes de l’environnement immédiat pour des ateliers d’alphabétisation.

Afin d’autofinancer cette activité et rendre accessible le vêtement à des prix moindres que ceux des commerces, elles y ouvrent un comptoir vestimentaire.

L’éducation des personnes est au cœur de leur préoccupation.  Elles y tiennent également des séances de conscientisation.

Comme certaines du premier noyau de fondation ont une formation sociale, elles ont fréquenté Paolo Freire dans ses écrits.  Elles suscitent donc la participation des gens à travailler eux-mêmes au développement progressif d’une meilleure qualité de leur vie.

Très tôt, leurs yeux et leurs oreilles captent des ondes de plus en plus variées et teintées de nécessités criantes du milieu.

S’instaure, dès lors, un mouvement de croissance.  L’alimentation requiert un service de restauration ; le vêtement fait appel aux doigts de fée pour la couture; le logement  ouvre sur une ébénisterie ;  la venue d’émigré-e-s fait naître un groupe de francisation; la demande des gens suscite des enseignements de langue anglais; etc.

En outre, d’autres groupes font appel à leur expertise pour gérer un fonds ; pour louer des locaux ; pour requérir un service de traiteur ; etc.

Toute cette expansion n’est survenue qu’avec le nombre des années, l’augmentation des bénévoles, le recrutement de personnes participantes, la renommée de l’organisme.

L’ouverture à la société, à la collaboration avec une variété de milieux civiques et à la dimension internationale contribuent actuellement à la pérennité de COMSEP  et à son continuel ajustement aux besoins de la société contemporaine en plus de multiplier les services disponibles. 

Une épreuve majeure, un incendie en deux-mil-quatre, fait migrer l’ensemble des activités de l’organisme dans une novelle bâtisse, soit une école de la commission scolaire Chemin-du-Roy qui lui est cédée pour le montant versée par l’assurance.

C’est dans la persévérance des fondatrices, leur dévouement inégalé, leur demande de nombreuses subventions de tous azimuts, leur vitalité quotidienne que le cœur de COMSEP bat toujours au rythme des appels de la société.  Elles savent s’adjoindre des équipes toutes aussi dédiées à la même cause : contribuer à rendre leur monde meilleur d’où est née la stratégie des maringouins, c’est-à-dire que c’est dans l’union de personnes tournées vers un but commun que l’on peut changer un milieu et les conditions de vie.

FÉLICITATIONS ! à ces vaillantes personnes qui au cours des trente dernières années répondent présentes nous leur disons merci et trente fois bravo! vous méritez une belle couronne de lauriers. Aux nombreux collaborateurs, collaboratrices, bénévoles et à l’équipe de travail : merci et soyez  toujours là!